Récit d’un chantier au Ghana


26 novembre 2017


: : La bibliothèque est finie !  : :

Après un an et demi de travail, quatre mois de chantier, 32 volontaires, 86 rencontres, 19 nationalités, 17 ouvriers, 79 donateurs, 84 mètres cubes de terre, 16 mètres cubes de béton, 252 mètres linéaires de ferraillage, 158 tôles, 287 planches de bois, 1354 clous (dont seulement un quart de tordus), 8 paires de banches métalliques, 4 pisoirs, 3 brouettes cassées, 130 coups de pioche (par jour et par personne), 25000 coups de marteaux (dont seulement 14 sur les doigts), 130000 coups de pisoirs (dont seulement 5 sur les orteils),sept poteaux, six étagères, une table, deux portes, huit fenêtres, un patio, un plancher, un escalier, un toit, deux soirées aux chandelles, 3200 photos, beaucoup de litres de bière, beaucoup trop de manioc, un passeport volé, 46 soirées à Akapo, quelques mois d’arrêt de chantier, un chef en colère, un bagage perdu et retrouvé,  trois chansons et 42 mots de Twi, cinq balades dans la jungle, 28 piqûres de moustique (par jour), 23 allers-retours Abetenim-Effiduase, des heures de négociations, des heures de dessin, des heures de soleil, des heures de sommeil, des heures de tro-tro, de nombreux fous-rires, quelques larmes et beaucoup de sourires d’enfants… La nouvelle bibliothèque d’Abetenim est sortie de terre !

Pour découvrir toutes les photos de la bibliothèque finie


17 novembre 2017


: : Retour à Abetenim : :

Samedi 14 octobre, nous sommes de nouveau à Abetenim. Nous avons quatre semaines pour réaliser la toiture de la bibliothèque abandonnée quelques mois plus tôt. Nous sommes ravies de découvrir les murs finis, des escaliers en bon état, des linteaux de fenêtre tous en place et malgré une invasion de la végétation, nous sommes prêtes à reprendre la vie de chantier.

 

 

     

Lundi, accompagnées de Annor, Mark et Ebenezer nous commençons la construction des coffrages pour la ceinture béton qui reprend l’ensemble des murs extérieurs. Alors que nous nous concentrons sur le cintrage de l’armature métallique, Annor et Mark réalisent avec brio et en seulement deux jours la totalité du coffrage bois.

Juste avant notre départ de France, nous avons pris soin de préparer les pièces métalliques sur lesquelles viendra se fixer la charpente. Après avoir voyagé dans nos bagages, elles trouvent leur place dès le mercredi dans le béton.

Epaulées par Opoku, Ebenezer, Annor, Mark, David et Ernest, nous réalisons la ceinture béton d’une traite lors d’une longue journée commencée à l‘aube et finie à la lumière des lampes torches. Le mixage à la main, le lancer de seau et le contrôle du niveau à plus de trois mètres de haut sont réalisés avec beaucoup de mérite sous un soleil de plomb.

    

En attendant que le béton sèche, nous commençons dès le lendemain à découper les sections de poutres de la charpente. La livraison de bois n’étant pas au complet, nous avançons petit à petit ce qui permet à chacun de trouver sa place dans l’équipe que nous formons de nouveau avec Annor, charpentier officiel du projet et Mark notre apprenti officiel. C’est avec émotion que nous montons le premier portique qui surplombe la porte d’entrée. Cette charpente maintes et maintes fois pensée voit enfin le jour !

Le premier assemblage se déroule sans accroche mais certains des suivants nous donneront du fil à retordre. Quand le bois n’est pas droit, que les trous ne tombent pas en face, que le boulon ne se visse pas, que la perceuse manuelle flanche, le montage du portique peut devenir beaucoup plus long. Mais en moins de trois jours tout est en place, prêt à accueillir la structure secondaire.

Le bois qui compose cette-dernière n’étant pas passé à la scierie, nous nous appliquons à extraire les plus droites selon leur emplacement dans la charpente. Que l’on travaille par terre ou en l’air, toutes les questions que nous avons pu avoir en dessinant se sont résolues assez rapidement. Nos deux compagnons jouent les équilibristes de portique en portique pendant que nous croisons les doigts pour eux et pour la résistance de la structure.  Perché au bout d’un porte-à-faux d’un mètre cinquante, Annor enfonce des clous de huit centimètres en trois coups de marteaux ! Nous faisons de même en seize coups de marteaux.

   Petit à petit les volumes du projet se dessinent et le zébré des ombres des solives sur les murs et le sol nous donnent une nouvelle sensation d’intérieur.

Alors que Rachel finit la charpente avec Annor et Mark, Maude part en expédition pour acheter des tôles dans une usine chinoise où les protocoles et la paperasse prennent plus de temps que le choix du matériau. Mais en quelques heures la voilà de retour et nous sommes prêts à attaquer la dernière étape de la toiture, poser les tôles.

Quel long et fastidieux travail ! Annor et Rachel, sur le toit, placent, coupent et cloutent minutieusement les tôles alors qu’au sol Mark et Maude assurent l’approvisionnement par lots de trois ou quatre. Il n’est pas toujours évident de conserver les tôles alignées le long de chaque façade. Une opération de découpe a parfois été nécessaire pour assurer les finitions. Mais petit à petit le toit se dessine et une pluie soudaine est vite venue nous rassurer sur l’étanchéité de l’ensemble.

Tandis que Annor et Rachel s’activent sous le soleil, Mark et Maude profitent des premières ombres de la toiture pour réaliser les étagères des bibliothèques, la table surplombant le patio et les montants verticaux des fenêtres.

Après quatre jours intenses, nous célébrons la fin officielle de la toiture au spot local. Mission accomplie !

Nous avons maintenant quatre jours devant nous pour mener à bien toutes les « petites » tâches que nous ne pensions pas pouvoir réaliser un jour. Le chantier résonne au son des marteaux, pioches et scies et nous voyons apparaître un nouveau plancher bois dans la continuité des escaliers, des étagères à toutes les bibliothèques, un enduit terre-béton sur le dessus du mur du patio, deux belles portes à l’entrée et un sol démuni de sa végétation et aplani sur l‘ensemble du projet.

C’est avec fierté et émotion que nous célébrons samedi soir à la lueur des chandelles la nouvelle bibliothèque du village, entourées de notre équipe, des enfants et de tous les obrunis.

  


Quel ne fut pas notre plaisir quand nous avons rencontré nos voisins sur le site. Au cours de notre absence trois nouveaux projets ont vu le jour à côté de notre bibliothèque. Une équipe allemande menée par Maria a démarré la construction d’une salle de classe deux semaines après notre départ en juillet. Une équipe américaine a rejoint le chantier à la fin de l’été et enfin une équipe espagnole est arrivée quelques semaines après.

A notre arrivée mi-octobre, le projet de Maria était presque achevé. Plus que quelques tôles de toit et quelques menuiseries à poser et Maria s’envolait déjà vers de nouvelles aventures. Sa salle de classe posée sur une dalle flottante est composée de deux pignons en adobes et de deux façades rythmées par différentes menuiseries bois. Mate Masie

Katrina, Carmen et Steven se sont joints à David dans la construction de son projet de salle de classe. Ils mixent les techniques de pisé et de terre coulée sur l’ensemble de leur bâtiment. Alors que nous partons ils s’apprêtent à commencer la toiture. Architeach

Enfin Alberto à la tête de l’équipe espagnole a achevé en même temps que nous sa salle de classe haute en couleurs au soubassement en pisé et façades de bois ajourées.

L’ensemble de tous nos projets réunis laisse imaginer la future école d’Abetenim. Nous nous sommes donnés rendez-vous à son ouverture pour finir de dessiner ensemble le paysage.


9 octobre 2017


: : L’histoire continue ! : :

Dear all,

C’est porteuses de deux bonnes nouvelles que nous vous écrivons aujourd’hui.

Grâce à Tim et notre équipe ghanéenne, les murs de la bibliothèque sont achevés depuis la fin de l’été ! Nous le remercions chaleureusement pour son travail intense qui a permis de clore “l’étape terre” du chantier !

Les pisoirs et les banches ont ainsi pu être transmis à une équipe espagnole qui construit depuis Septembre une salle de classe tout près de notre bibliothèque.

Il ne manque maintenant plus qu’un toit sur la bibliothèque !

Et nous avons décidé de retourner à Abetenim afin de construire nous même la charpente et poser la toiture du bâtiment.

Nous partons vendredi pour un mois, ravies de pouvoir apporter la touche finale au projet!

Nous ne pouvons vous promettre de vous écrire régulièrement pendant notre court séjour ghanéen, mais nous ne manquerons pas de vous transmettre des photos de la bibliothèque à notre retour !


3 août 2017


: : Reprise du chantier : :

Bonjour à tous,

Nous sommes ravies de vous annoncer que la situation à Abetenim a favorablement changé ces derniers jours ! Le chantier de l’école a repris son cours et notre bibliothèque par la même occasion. Tim, un membre de notre équipe toujours sur place, a repris le flambeau sur le chantier et nous pilotons à distance la progression de la construction !

Les banches ont retrouvé le chemin des murs et voici trois jours que Tim et notre équipe de ghanéens pisent de nouveau. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution du chantier avec on l’espère quelques photos à l’appui !


4 juillet 2017


: : Arrêt du chantier : :

A vous tous,

Ecrire les newsletters a toujours été un plaisir pour nous et nous avons eu vent que la lecture en a réjoui plus d’un.

Cette fois-ci pourtant la nouvelle est dure à transmettre. Nous devons vous annoncer que nous ne pourrons pas finir la bibliothèque de la future école du village d’Abetenim.

En effet vendredi 9 juin, une délégation du chef du district de Juaben dont le village d’Abetenim dépend, est venue sur le chantier nous demandant d’arrêter immédiatement et sans explication notre travail. Depuis trois semaines nous oscillons entre attente, désillusions et rendez-vous pour tenter de faire évoluer la situation sans succès.

Depuis le départ fin mai des volontaires, nous avions prévu de rester trois semaines supplémentaires afin de finir la bibliothèque. Nous avons été arrêtés par le chef de Juaben à deux semaines de la fin du chantier.

Au début, nous avions décidé de rester le temps nécessaire pour que la situation s’éclaircisse. Cependant il semblerait que celle-ci ne cesse de se complexifier et il est de plus en plus difficile de voir une issue positive dans les semaines à venir.

Le problème est maintenant hors de notre portée et nous pouvons simplement vous transmettre ce que nous avons pu en saisir. Pour des raisons politiques, de jalousie et de pouvoir, le chef de Juaben a interrompu tout projet soutenu par la Fondation NKA. Sont donc concernés notre bibliothèque mais également tous les workshops à venir participant à la construction de l’école du village.

La Fondation NKA a donc décider de déplacer les workshops tout juste arrivés dans un autre village ne dépendant pas de la juridiction de Juaben. Ceux prévus dans les mois suivants sont redirigés vers un autre village au nord du Ghana, également partenaire de la Fondation NKA.

Au vu de la tournure des événements, les négociations entre la Fondation NKA et les différents chefs impliqués vont encore se poursuivre durant plusieurs semaines sans aucune certitude sur leur conclusion. En ce qui nous concerne, nous ne pouvons pas nous permettre de rester indéfiniment dans l’attente. Nous avons dû prendre la dure décision de quitter le village d’Abetenim et notre chantier.

O combien fut dure à prendre cette décision après toutes ces heures de travail, toute l’énergie fournie par notre équipe de volontaires et de ghanéens, l’hospitalité du village et tout le soutien que vous nous avez témoigné dès les débuts.

Nous avons bâché et protégé tous les murs de la bibliothèque dans l’attente d’une reprise de flambeau et c’est avec tristesse que nous quittons le village d’Abetenim qui fut le notre depuis quatre mois. Nous retiendrons la joie de vivre de chacun, les riches échanges entre tous, les leçons de construction des quatre coins du monde, la terre rouge du sol ghanéen, la fraîcheur d’une nuit d’orage, le son des pisoirs sur la terre, les couleurs des tissus, le rire des enfants, …


8 juin 2017


: : 11ème semaine de chantier : :

Voici plusieurs semaines sans nouvelles de notre part dans notre village d’adoption Abetenim. Ces dernières semaines ont été intenses sur le chantier et nous avons travaillé d’arrache pied afin d’avancer au mieux la bibliothèque de la nouvelle école. Depuis cinq semaines notre activité journalière se résume en deux mots : nous pisons !

Fin mai était l’échéance officielle du workshop d’Eskaapi et chacun a su redoubler d’efforts pour finir en beauté. À présent nous sommes quatre « obruni » et plusieurs villageois d’Abetenim pour mener à terme le projet dans les prochaines semaines . Il nous reste à finaliser les murs extérieurs et la charpente. Pas de repos à venir, le chantier va encore fourmiller activement !

Les murs montent à la force de nos bras et de l’impact des pisoirs sur la terre banchée. Un dur et long travail entrecoupé de quelques journées de satisfaction lorsque l’un de nos coffrages de fenêtres ou une bibliothèque prend sa place dans l’épaisseur du mur. Ces journées nous ont fait ressentir notre avancée car l’allure du nouveau bâtiment a peu à peu changé de simples émergences du sol à de réels murs. C’est le début d’une sensation d’intérieur et d’extérieur !

Avant le départ de tous nous avons pu accomplir trois grandes étapes : un patio planté, les gradins en bois entre la pièce haute et la pièce basse et nous avons terminé de monter les murs du patio.

Le patio fut source de confusion auprès de notre équipe ghanéenne. Nous tentons depuis le début d’expliquer qu’il n’y aura pas de toit sur l’espace central mais le message n’est réellement passé que lorsque les plantes sont arrivées. Il semble très confus pour eux de vouloir enfermer un espace extérieur à l’intérieur du bâtiment. Nous attendons avec impatience leur réaction quand la charpente sera montée et qu’il y aura effectivement une ouverture au dessus du patio.

En parallèle une équipe avait comme mission la construction des gradins de l’espace de lecture. Magnifiquement réalisés, ils ont apporté une touche de finition notoire à l’espace intérieur. Fini le temps où nous pouvions balader nos chaussures gadoueuses partout. Il faut maintenant faire attention à leur propreté afin de ne pas abîmer ce soigneux travail ! Il sera bon de s’y poser une fois le toit monté.

Bien sûr pendant tout ce temps les murs se pisent bloc après bloc. Notre équipe s’organisent de mieux en mieux entre le mixage de terre, le montage et démontage des banches et le temps de piser. Nous sommes de plus en plus efficace et la longueur de mur pisée augmente de jours en jours.

Malgré le travail soutenu de toute l’équipe, nous n’avons pas pu rattraper l’ensemble des retards cumulés jours après jours et nous avons décidé de rester le temps nécessaire afin de finir la bibliothèque.

La veille du départ de tous les volontaires, la bibliothèque s’est illuminée de chandelles et coiffée de feuilles de palme pour célébrer nos trois mois de vie ensemble entre volontaires et villageois. Dans le week-end qui a suivi, chaque volontaire s’est envolé vers de nouvelles aventures de part le monde ! Seuls Valentin et Tim continuent un petit bout de chemin avec nous.

Depuis deux semaines notre équipe ghanéenne s’est élargie, nous sommes maintenant entourés de Edward, Samy, Ebenezer, Opoku, Marc, Collins et Collins, chacun de nous ayant sa spécialité. Nous comptons trois piseurs acharnés, trois mixeurs appliqués, un roi de la pioche et quatre obruni monteurs-démonteurs de banches. Chaque jour, une seconde équipe nous fournit entre deux et quatre camions de terre prélevée aux abords du terrain de football du village que nous consommons dans la journée.

Le rythme du travail a changé mais l’ambiance est tout aussi joyeuse ! Notre playlist est devenue ghanéenne, nos journées sont continues avec un repas sur site, les oranges récoltées par les enfants se sont transformées en bidons de vin de palme apportés par Opoku, et nous communiquons maintenant exclusivement en Twi. Mais pas de panique les murs sont toujours droits !


Obnubilés par le chantier, nous avons manqué à tous nos devoirs ces dernières semaines et nous tenons particulièrement à remercier tous ceux que nous n’avons pu citer au travers de ces lignes.

Elisa, notre pro du tamis ; Jessica, dès le réveil la motivation au rendez-vous ; Mathieu, quel passage éclair mais revigorant ; Samanta, la plus Bibini d’entre nous ; Camille, première levée, première sur le chantier ; Chobo, toujours partant ; Uu, finesse au travail  ; Sofia, tout est dans le détail ; Lucas, tenace à la tâche  ; Louis, notre paysagiste en herbe ; Paulette, unique chef au mix ; Tim, une solution à tout ; Hamza, un regain d’énergie ; Sarah, notre macgyver à toute épreuve ; Mila, et l’espace de pause arriva ; Phylippe, du yoga mais surtout de l’optimisation ; Alex, son domaine, la « Wood Factory » ; Akim, un enthousiasme de tous les jours !

À vous tous un grand merci, vous avez su chacun enrichir le chantier et notre vie de tous les jours au Art Village ! Nous nous souviendrons avec fierté des kilomètres que vous avez parcourus pour nous prêter main forte et nous permettre de réaliser avec enthousiasme, savoir et courage ce très beau chantier ! Merci ! Vous nous manquez !


11 mai 2017


: : 7ème semaine de chantier : :

Pisé : : Le projet avance de jour en jour. Au cours de cette semaine de construction, nous avons déjà pu piser le second niveau de bloc sur un mur entier du patio. C’est la première fois que l’on passe au niveau supérieur. Nous devons donc encore un peu améliorer notre technique mais le résultat final est vraiment beau. Dans le patio, nous avons continué de piser le premier niveau des murs avec la banche en bois, baptisée par l’équipe : « le Monstre !! » Nous sommes en ce moment en train de chercher une solution pour l’assise qui doit être incrustée dans le mur du patio. « Le Monstre » est donc en train de nous attendre patiemment.

Mais pendant qu’il attend, nous ne nous reposons pas pour autant. Concernant les murs extérieurs, nous allons de plus en plus vite (« Fasta fasta » en anglais ghanéen). Le mur que l’on avait commencé est entièrement fini sur le premier niveau avec les banches acier. La technique des bâtons de bois dans les banches pour masquer les jointures et donner un rythme aléatoire aux façades fonctionne très bien. Nous avons décidé de continuer pour toute la première couche des murs (40 cm à la base des murs). Pour le reste de la façade, nous allons garder cette technique pour les jointures entre deux banches mais en mettant moins de bâton entre chaque.

Nous avons également beaucoup réfléchi, ensemble, à la façon de piser l’angle entre deux murs perpendiculaires. Nous avons décider de continuer le premier mur jusqu’à l’extrémité, de décoffrer, et ensuite de commencer le second mur contre le premier. Cela implique de faire l’inverse pour les niveaux supérieurs du mur mais assure une bonne stabilité de l’angle.

Pendant cette semaine, nous avons également amélioré notre technique de mixage de la terre grâce notamment à Edward et Samy, nos fidèles compagnons ghanéens sur le chantier. Nous pouvons désormais préparer de manière plus efficace les mélanges de 5% de ciment et 95% de terre. Cette technique consiste à faire un tas sur le sol de dix-neuf seaux de terre et un seau de ciment et de le mélanger une première fois avec des pelles. L’eau est ensuite ajoutée petit à petit, entre chaque pelletée formant un nouveau tas à côté du premier. Grâce à cela, nous pouvons mixer plus de terre tout en contrôlant la quantité d’eau que l’on ajoute au mélange.

Wood Factory : : Concernant le travail du bois, nous avons beaucoup d’anecdotes à raconter, notamment grâce à Alexandre, notre dernier arrivé, et Paul et Marli, qui ont beaucoup travaillé à la « Wood Factory ».

Tout d’abord, nous avons augmenté fortement notre production de découpages pour les fenêtres. Toutes les assises des fenêtres sont terminées et nous commençons actuellement les linteaux. A l’exception de ces pièces, toute la partie bois pour les murs est finie ! Après cela, afin de trouver un moyen d’augmenter encore notre rentabilité, Paul et Alexandre ont tenté de réparer les deux scies électriques qui restent dans l’Art Village. Après une éreintante journée de combat, les garçons ont déclaré forfait, le manque d’outils a donné l’avantage aux deux scies.

Alexandre a gardé sa motivation malgré tout pour se lancer dans une autre entreprise : fabriquer des pisoirs en bois pour compléter nos quatre pisoirs métalliques. Peut-être est-ce l’énergie de nos nouveaux arrivants, l’air d’Abetenim ou l’envie de nous montrer ses talents de bricoleur… peu importe, nous avons eu en quelques heures trois magnifiques pisoirs, avec, bien entendu, chacun leur petit nom. L’histoire ne dit pas s’ils fonctionnent réellement, mais nous savons que nos amis ghanéens ne sont pas ravis de travailler avec.

Digging again : : Nous avons également retrouvé le plaisir de creuser pendant cette semaine, cela faisait longtemps !!

Tout d’abord, nous avons creusé à l’extérieur du bâtiment, juste à côté d’une des fondations en béton. Nous avons en effet commencé à penser à un aménagement des abords du bâtiment, permettant de diriger les eaux de pluie ainsi que préparer le terrain pour l’installation des banches à venir. De plus, la terre alors creusée pourra servir pour les prochains mur en pisé.

Le second endroit où l’on a creusé est à l’intérieur du bâtiment. Nous avons décider de créer un mur de soutènement entre les deux niveaux de la bibliothèque. Et pour cela, il faut d’abord creuser les fondations… Retour à la pioche !!! Cela nous manqué tellement que nous avons laisser Tim faire, le destructeur allemand en action !!


La fin de la semaine marqua également la fin de l’aventure pour Paul et Marli ( eh oui… encore un au revoir). Nous voulions réellement remercier ces deux sud-africains pour leur précieuse aide sur le chantier, mais aussi en dehors.

Marli nous a vraiment beaucoup aidé, chacun de nous. Elle était toujours contente et souriante sur le chantier et a grandement participé au rétablissement de notre « hobo » (Valentin) ghanéen atteint de petites infections. On se doit évidemment de montrer les magnifiques dessins qu’elle a pu faire au cours de ces deux semaines sur l’expérience Eskaapi. Nous nous rappellerons longtemps de son sourire sur le chantier.

Paul, lui, était l’Homme, avec un grand H. Un détenteur de petites astuces plus qu’utiles,… indispensables. C’était : « Paulo les bons tuyaux » !!! Dès que nous étions bloqués dans telle ou telle situation, nous appelions Paul. Une banche à monter sans utiliser trop d’énergie, une barre d’acier à tordre avec les mains, ou encore un feu à faire partir pour la préparation du gâteau d’anniversaire de Rachel… pas de problèmes, Paulo savait tout faire.

Donc pour toutes ses raisons… MERCI MARLI ET PAUL !!!

Après tous ces départs, le groupe était un peu triste. On pouvait sentir le camp de plus en plus vide après chaque « good bye !! »… Le moral n’était donc pas au mieux et, en plus de cela, beaucoup d’entre nous se sont retrouvés avec de petit, mais ennuyeux problèmes physique. A cause du climat et de la température, les petites blessures ou maladies qui se guérissent normalement rapidement, ici, reste durant des jours ou des semaines. Mais nous partageons tout, même nos problèmes. Et le week-end à Kimtampo, tous ensemble, fût plus que bienvenue pour la forme physique et morale.

Le groupe vie donc de nombreuses aventures et devient plus solidaire à chaque fois. Nous partageons les bons mais aussi les mauvaises moments. C’est cela qui fait un groupe !!


Le dimanche soir, pour démarrer convenablement la semaine, nous avons été invité à l’inauguration du Projet des Urugayens, juste à côté de l’école. Les habitants du village sont venus pour mettre l’ambiance “à l’africaine” et jouer du djembé toute la nuit. La semaine commençait bien!! L’équipe Urugayenne avait créée une salle des professeurs multifonctionnelle qui pouvait aussi accueillir les enfants en terrasse pour regarder les futurs match de football, et supporter l’équipe d’Abetenim. Félicitation à la Team Urugay, et aux autres non urugayen faisant aussi partie de l’équipe!!

En milieu de semaine, après une dure journée de labeur, nous avons pu fêter comme il se doit l’anniversaire de Rachel, avec tous les gens de l’Art Village. Nous l’avons surprise avec un buffet en guise de repas et deux gâteaux d’anniversaire cuisinés avec soin par les volontaires.

Nous avons également vécus le départ de tous les membres de l’équipe urugayenne, l’un après l’autre… Pendant toute la période où ils ont travaillés à Abetenim, ils sont toujours restés positifs et nous ont donnés énormément de motivation pour notre projet. C’était très intéressant de voir comment un projet peut aller jusqu’au bout, en même temps que nous étions à la moitié du notre.

Après une semaine de travail intense, toute l’équipe a décidée de ne pas repartir sur le site pour le week-end, et de visiter une cascade au nord du Ghana, proche d’une ville du nom de Kimtampo. Nous avons donc pris un taxi de Abetenim à Ejisu, pour plus tard changer pour un trotro à Kumasi, et enfin à Kimtampo. Au total quasiment une journée entière de voyage. Nous étions finalement à la cascade le Dimanche pour profiter d’un picpic frugal tous ensemble.

Ce court mais intense voyage nous a aidés à nous sentir plus connecté à notre groupe et à retrouver de l’énergie pour la semaine suivante.

En rentrant de Kimtampo tous ensemble dans un trotro de nuit, nous nous sommes réveillés sur la route avec les résultats des élections françaises et donc, bien sûr, beaucoup de débats.

 


4 mai 2017


: : Sixième semaine de chantier : :

 

Après un weekend de réflexion sur les différents problèmes que le coffrage nous pose, nous décidons, avec tristesse, de recommencer depuis le début et donc de détruire le coffrage, ainsi que la terre déjà pisée, pour le remplacer par un module mobile en bois plus solide, plus droit et plus stable. En effet, une fois la première partie du coffrage enlevée, nous nous sommes aperçus que la première couche de terre pisée était fissurée à certains endroits et pas assez solide pour prétendre porter des murs de 2m de hauteur.

Malgré ce coup dur, il en faut plus pour nous démotiver, et la bonne énergie des neuf étudiants en architectures nous permet de tout suite nous remettre au travail. Chacun se trouve une mission à accomplir pour rattraper au plus vite ce contre temps. La construction du nouveau module est alors achevé dès le lundi soir et mardi après-midi nous revoilà parti à piser les murs du patio.  

En parallèle, une équipe s’affaire à finir le coffrage d’une future assise qui sera incrustée dans un des murs du patio, et une autre à préparer les banches en métal pour le mur extérieur. En effet, nous décidons d’arrêter d’attendre notre commande complète et de commencer à piser malgré tout.

Dans un premier temps nous souhaitions installer des banches métalliques sur toutes les fondations extérieures pour ne pas voir de jonctions dans les murs pisés. Mais cela fait maintenant trop de temps perdu à attendre tout le matériel et nous décidons d’installer seulement quatre banches métalliques jointes deux par deux et face à face pour ensuite les décaler au fur et à mesure sur les fondations. Pour l’aspect esthétique et pour éviter de voir les jonctions entre les différents blocs de terre, nous décidons d’installer des tiges en bois verticales de manières aléatoires à plusieurs endroits du bloc et surtout aux extrémités. Une fois retiré, les encoches créées dans la hauteur du mur camouflent les jonctions en questions.

Jeudi nous décoffrons notre premier bloc de mur pisé extérieur, non sans fierté, car le résultat au niveau solidité et esthétique est à la hauteur de nos espérances. Et c’est avec émotion et un nouvel engouement que nous recommençons les mêmes opérations sur deux endroits différents du projet : le patio et les murs extérieures. Et ce jusqu’à la fin de cette semaine.

Dans le même temps nous récupérons le bois de la scierie qui nous manquait pour finir les étagères et les fenêtres qui seront intégrés dans les murs de la bibliothèques. 


Les neuf volontaires venus pour deux semaines ont profité de leur weekend au Ghana pour faire une excursion au bord du magnifique lac Bosomtwe, accompagnés de quelques « anciens » de l’équipe.

Paul et Marli, un jeune couple tout droit venu d’Afrique du Sud vient nous prêter main forte pour deux semaines. Marli est architecte, et Paul travaille dans le développement de software.

Trois nouveaux volontaires sont également arrivés jeudi soir, Paulette, Tim et Alexandre. La première est Equatorienne et vit en Allemagne depuis 6 ans. Le second est allemand et vit à Stuttgart, comme Paulette. Il reste cinq mois au Ghana et enchaînera donc sur un second projet de construction après notre départ. Paulette, elle, reste jusqu’à la fin de l’aventure Eskaapi. Ils sont tous les deux étudiants en architecture. Alexandre est Français, architecte à Nantes et ami de Rachel, il reste avec nous jusqu’au bout du projet.

Cela est toujours agréable de voir de nouvelles personnes compléter le groupe, ils apportent déjà en quelques jours de la bonne humeur et un regard neuf sur le chantier.

Ce samedi matin, c’est avec émotion que nous disons au revoir à huit (Evoléne, Pierre, Juline, Julie, Tess, Jean-Michel, Flavien, Veroniqua) des neuf volontaires car Rémy reste une semaine de plus pour travailler avec nous. Cette parenthèse de deux semaines à dix-huit sur le chantier s’est déroulée idéalement grâce au dynamisme et au volontarisme affiché chaque jour par ces jeunes étudiants en architecture. Merci !! Medasi Pa !! Couleur Pisé, que j’aime ta couleur Pisé !!


Dimanche 16 Avril, l’inauguration de la clinique et de ses toilettes fut organisée : une cérémonie officielle s’est déroulée avec les plus grandes instances du village d’ Abetenim.

Remerciement, prières, échanges de présents, djembé, tout avait été organisé pour remercier chaleureusement les membres de l’équipe canadienne. Keith, John et Alex ont eu droit à tous les honneurs et ils le méritent amplement. Félicitations à eux !!

Nous tenons à les remercier tout particulièrement pour leur capacité d’écoute, leur sages conseils et pour les nombreux échanges que nous avons eu avec eux. Ainsi qu’avec le reste de leur équipe rentré plus tôt : Jennifer, Lil et Clay.

En ce qui concerne le projet des Uruguayens, leur date butoire avançant à grands pas, et notre équipe étant très nombreuse, nous leur prêtons main forte sur leur chantier. Chaque jour, 3 personnes différentes se relaient pour apprendre de leurs techniques de construction écologiques et s’enrichir d’un projet très différent du nôtre. Quelle chance !!

Pour les fêtes de Pâques, quatre jours de fêtes se déroulent dans tout le Ghana qui a un fort taux de catholiques pratiquants et de méthodistes. Et nous en profitons pour nous joindre quelque fois à leurs fêtes tardives endiablées.

Pour les 3 semaines de vacances auquel ont droit les jeunes étudiants, une grande fête à l’école a été organisée. Tout le monde est sur son trente et un pour apprécier le défilé de future miss Abetenim. Et puis, c’est au tour des enfants d’envahir le Dancefloor pour une fête rien que pour eux. Maabro !! 


16 avril 2017


: : Quatrième semaine de chantier : :

La première semaine nous avons fini les fondations ! Après avoir creusé, notre bibliothèque commence à sortir de terre ! Au total quatre jours de travail nous aurons été nécessaires pour couler le béton. Accompagnés par une équipe locale qui maniait la bétonnière, nous étions de notre côté tour à tour en charge de la remplir, transporter les brouettes de béton, et aider Afifa, notre maçon, à vérifier le niveau fini. Sur fond sonore de radio ghanéenne, transportée sur la tête d’Afifa, nous avons petit à petit rempli nos fondations.

Ces journées avec Abass, Samy, Edward et Bernard sur le chantier ont été riches en échanges mais également source de nombreuses anecdotes ralentissant souvent notre travail.

Le transport de la bétonnière sur le chantier fut une expérience à elle seule. Il fallut d’abord trouver Abass, « the machine operator », dans le village, et trouver la bétonnière. Ensuite nous devions trouver le camion – garé d’un côté du village – le propriétaire du camion – à l’église – et le chauffeur du camion – en train de prendre son petit déjeuner. Tout ce monde réuni, nous avons cherché de l’essence pour le camion avant de pouvoir enfin nous rendre sur le chantier avec la bétonière.

Le manque de fuel pour faire fonctionner la bétonnière nous a régulièrement fait défaut pendant la semaine. Abass ne songeant pas à vérifier régulièrement le niveau dans la journée, nous avons dû souvent tout stopper dans l’attente d’une livraison, ou bien siphonner un taxi de passage.

Malgré les grosses pluies inondant nos tranchées la semaine dernière, nous nous sommes retrouvés cette semaine en manque d’eau à plusieurs reprise. Le béton n’est pas un matériau très économe en eau, et nous avons dû faire appel à deux femmes du village pour nous en apporter. Leur démarche souple et élégante, le bruit de l’eau vidée dans les tonneaux, leur sourire malgré les litres d’eau transportés sur leur tête, apportaient un peu de douceur sur le chantier. Nous voilà confortées dans notre choix de méthode constructive : la fabrication du pisé nécessitant assez peu d’eau, nous espérons ne pas avoir à trop les solliciter pour la suite du projet. 

En fin de semaine nous avons commencé une activité de menuiserie : nous nous sommes installés au Arts Village, à l’ombre, pour commencer la fabrication des coffrages pour les fenêtres et les étagères. Encastrées dans les murs en pisé, les étagères se doivent d’être construite avant de démarrer car elles resteront à terme dans l’épaisseur des murs. Afin de résister aux coups de pisoir lorsque nous allons damner la terre, le bois utilisé est du bois rouge, dur et solide d’une épaisseur variable de 4 à 5 cm. Il n’est pas facile à scier à la main, et les planches ne sont pas toujours aussi droite que nous les aurions souhaitées ce qui ne facilite pas l’assemblage. Les premiers prototypes sont malgré tout très concluants, nous partons pour une fabrication en série des sept étagères. Pour les fenêtres, seule l’assise et le linteau seront inclus dans les murs de terre, le coffrage est donc pensé pour être retiré à terme. Nous en avons besoin de dix !

En parallèle nous avons également réalisé le deuxième essai de banc en pisé, avec des coffrages en bois. Nos échantillons de la semaine dernière nous ont amené à choisir trois mélange différents que nous utiliserons pour nos murs :

• une première couche avec 5% de ciment

• une deuxième couche comprenant 3% de ciment

• le reste avec 5% de sable

L’utilisation du bois pour le coffrage fut concluante mais demande beaucoup de temps de préparation, et nous oblige à avoir des planches parfaitement droite pour un résultat satisfaisant. Or, bien que nous ayons envoyé nos planches à la scierie pour être équarries, toutes ne sont pas suffisamment d’équerre. Entre le choix des planches et les temps de réparations, la réalisation de coffrage en bois semble plus chronophage pour le chantier.


: : Cinquième semaine de chantier : :

Petit repos de week-end où chacun mène ses propres aventures en équipe ou en solitaire. Les dîners du dimanche soir sont source de longues discussions et échanges sur les exaltantes épopées que les week-end nous réservent.

Nous reprenons le lundi de bon pied, l’équipe a changé et nous sommes très nombreux sur le chantier.

Nous nous divisons en plusieurs groupes afin de finaliser tous les petits ateliers qui annoncent l’arrivée du pisé. La moitié d’entre nous reste à l’Art Village pour continuer la production en chaîne de bibliothèques et fenêtres. L’autre moitié rejoint le site de construction pour décoffrer le béton. Marteau, pioches, pelles, tout est bon pour démonter la boite de bois qui entoure toutes nos fondations. Une règle d’or seulement déconstruire mais ne pas démolir, nous aurons besoin du bois pour la suite des événements. Cette activité nous prend la matinée mais quelle joie d’enfin découvrir la bibliothèque sortir de terre.

Tandis que l’activité à la « Wood factory » à l’Art Village se poursuit, l’équipe sur le site de construction se lance dans un grand nettoyage du site avant de se lancer dans la construction d’un coffrage des murs intérieurs qui délimitent le patio.

Malheureusement l’après-midi et la nuit sont peu clémentes et le lendemain le creux du patio est une fois encore une vraie pataugeoire. Les nouveaux ont le plaisir de découvrir les joies d’une chaîne de sceau pour extraire l’eau ! Nous ne faisons qu’améliorer notre efficacité en la matière mais hors de question de nous y reprendre. Nous arrangeons nos plans de la journée pour finir de creuser les bras manquant du drain prévu pour l’évacuation du patio. Une portion est déjà installée car ancrée dans les fondations mais nous prolongeons ses extrémités pour nous permettre de l’ouvrir et espérer que la pluie prochaine suivent le chemin que nous avons choisi pour elle.

En parallèle, différents ateliers, le bois pour les fenêtres et les bibliothèques à la « Wood Factory », le début du coffrage en bois du patio et grâce à notre master en niveaux de sol, Jessica, et sa fine équipe, nous avons aussi maintenant deux niveaux de sol à 90cm d’écart bien plat. 

Mercredi tout est fin prêt pour commencer à piser ! Tout ? C’était sans compter les aléas de productions et de livraisons de nos nouveaux outils de travail, un lot de banches métalliques. Le ferronnier du village, Kwame, construit pour nous depuis une semaine un duplicata des banches existantes métalliques du village afin que nous puissions avancer au plus vite dans notre production de pisé une fois les deux lots réunis.

Un lot de banche comprend quatre sets de banches. Un set de banches se compose de deux plaques métalliques renforcées assemblées de part est d’autre du mur par des tiges filetées boulonnées tous les 60 cm. Dans l’usage du village, les tiges filetées ont une mesure de 30cm de longueur correspondant aux murs actuellement construits avec ces banches. Ayant des murs d’une épaisseur de 40 cm et de 60 cm nous avons également commandé de nouvelles tiges pour le nouveau et l’ancien lot de banches.

Malheureusement quand nous testons mercredi matin les nouvelles tiges filetées avec les anciennes banches métalliques impossible de rentrer les premières dans les secondes. Le diamètre des tiges filetées correspond au double du trou des anciennes banches. Nous sommes contraints de tout renvoyer à la production.

Pendant ce temps là, les étagères et fenêtres sont terminées et une autre équipe finalise le contreventement du coffrage bois des murs du patio nous permettant tout de même de commencer dans l’après midi la fabrication de nos premiers murs de pisé. Lentement mais sûrement.

Nous attendons toujours les banches métalliques mais le pisé sur le patio prends forme. Nous luttons avec le contreventement du coffrage bois qui oscille à chaque coup de pisoir et tentons au mieux de rester dans l’alignement des fondations en béton mais les trous à la jonction entre le haut de la fondation et le début du mur de pisé sont de plus en plus importants. Petit abattement de l’équipe qui travaille d’arrache-pied, nous choisissons de renforcer d’autant plus les coffrages pour limiter les problèmes. Nous passons d’un contreventement tous les 80cm à un contreventement tous les 40 cm dès le lendemain. Rien n’y fait au milieu de l’après-midi, le coffrage craque de toute part. Le moral des troupes prend un coup, nous faisons une réunion d’urgence au pied des fondations. Le plan d’attaque est le suivant, nous laisserons tel quel le coffrage pour le week-end le temps de réfléchir à une autre solution et de la tester.


Fin mars, nous avons eu le départ d’Olivier. Présent depuis le début de l’aventure, nous avons pu profiter de ses nombreuses expériences de chantier, ses connaissances en construction et sa force musculaire. Nous sommes ravis de ces échanges et le remercions grandement pour son investissement sur le projet !

 Notre équipe ne s’est pas réduite pour autant : neuf étudiants de l’École d’Architecture de Montpellier sont arrivés pour nous prêter main forte samedi soir. Nous avons maintenant dix-huit paires de bras sur le chantier ! Sacrée équipe à manager !


Cette semaine nous voulions aussi vous faire part des deux autres chantiers en cours dans le village d’Abetenim. Depuis que nous sommes arrivés, nous partageons notre quotidien avec deux autres équipes internationales, l’une canadienne, l’autre uruguayenne.

 Les premiers sont coutumiers des lieux. Ils sont présents quelques mois tous les ans depuis trois ans dans le village.

Les seconds se sont envolés mi février de leur Uruguay natal pour rejoindre le village des Arts d’Abetenim. Lauréats de l’édition précédente du concours de construction en terre, ils s’apprêtaient à réaliser une maison de plus au Village des Arts mais arrivés sur place, ils ont changé d’avis au vu du village et de la vie locale.

 En effet après leur visite des lieux et quelques jours de réflexion sur place, il leur est apparu plus important d’expérimenter leur principe architectural en brique cuite sur un bâtiment plus petit relié à l’école existante pour l’usage des professeurs.

Leur projet a vu sur le terrain de football de l’école à l’arrière des classes des enfants de 9 à 10 ans.

Inspirés par une technique d’un architecte uruguayen renommé, ils souhaitent mettre à l’épreuve une toiture de briques de terre cuite à multiples pentes sur un bâtiment sur pilotis aux murs de torchi. A la tête de l’équipe un trio d’architectes Claudia, Antonellla et Santiago, qui ont créé le collectif BO, et pour les accompagner Juan et Augustin, chers et tendres uruguayens, Lucia (Espagne) , Ahmed (Tunisie), Felix (Allemagne), Cecilia, (mi-Ghana mi-Nigéria) et Jason (Australie), sous l’œil attentif de Fernando spécialiste en construction de brique de terre en Uruguay.

 Les canadiens quant à eux poursuivent un autre projet. Leur objectif rebondit d’une venue à l’autre sur un nouveau projet au vu d’améliorer les conditions de vie au village.

Ils ont construits depuis leur première venue une bibliothèque, et plusieurs sanitaires pour le grand public et l’école primaire. Cette fois-ci ils entreprennent de rénover une ancienne maison abandonnée en clinique. A multi usage la clinique offrira aussi des espaces pour le logement des professeurs de l’école, et plusieurs pièces pour la commune et toutes autres activités partagées.

A l’arrière de ce même bâtiment, ils lancent également la construction de leur troisième bâtiment de toilettes sèches pour le village. Cinq sanitaires pour les femmes et cinq pour les hommes sur un plan maintenant éprouvé dans le village et amélioré d’une fois sur l’autre. C’est un chantier rodé et efficace que mènent Jennifer, Keith et John avec leur équipe locale nombreuse et dévouée. Leur venue en famille nous offrent quelques bras de plus sur le chantier avec Clay leur fils aîné, notre premier professeur d’anglais et de joyeuses parties de volley-ball avec Lil et tous réunis.

Le dernier membre de l’équipe, Alex, supervisait l’installation de panneaux solaires sur les anciens et nouveaux bâtiments de Solterre.

Grâce à eux, uruguayens et canadiens, les repas sont riches en découvertes et apprentissages !


30 mars 2017


: : Troisième semaine de chantier : :

Cette semaine de chantier a été rythmée par les intempéries. Bien que nous soyons encore loin de la saison des pluies nous commençons à ressentir tous ces petits changements naturels qui annoncent l’arrivée de l’eau. Les scorpions sont de sorties, les grenouilles chantent et pour le bonheur de tous le puit se remplit d’une pluie à l’autre. Pour le bonheur de tous, plus ou moins car les pluies de cette semaine nous ont contraints à travailler de concert pour vider nos toutes fraîchement creusées fondations au seau, au gobelet, au tuyau. Chacun s’est glissé dans la chaîne pour vider à deux reprises le creux des fondations où le béton n’avait pas encore était coulé.

Mais parlons des avancées ! Lundi nous avons coulé un premier béton de propreté dans le fond de nos fondations. Nous travaillons avec une équipe locale dans laquelle Abass est responsable de la bétonnière, Afifa, le maçon s’occupe quant à lui de vérifier le niveau en fond de fondation. Mardi nous avons reçu les longs fers de ferraillage et nous avons coupé, plié, assemblé l’ensemble pour composer une armature en acier qui sera noyée dans le béton. L’exercice n’est pas des plus aisé, qui plus est quand les seuls outils dont on dispose sont une pince coupante, quatre clous et une planche de bois. Nous appellerons notre ferraillage les montagnes russes pour certains ou le serpent pour d’autres ! Malheureusement la pluie de la nuit de mardi à mercredi noie notre sinueux serpent dans un bain de boue. Nous passons plus de deux heures à le dégager et à retirer tant bien que mal le surplus de boue. Pendant ce temps, aidée par le charpentier, une partie d’entre nous entreprend de construire le coffrage des fondations hautes.

Nous expliquons le principe auquel nous pensions en premier lieu et il approuve. Nous voici lancés, on scie, on ajuste, on assemble, on installe et là il s’avère que nous ne nous étions pas si bien compris. En milieu de matinée, nous reprenons notre premier essai de coffrage étape après étape pour s’assurer du bon fonctionnement. En fin de journée nous avons fini le ferraillage, coffré la partie haute des fondations et écopé une large quantité d’eau.

Avant la nuit nous tentons de protéger les fondations de patio en cas de pluie nocturne.

Rien à faire le lendemain matin tout est de nouveau inondé.

Une chaîne de sceaux et gobelets se reforme alors qu’un groupe tente d’améliorer les performances en aspirant l’eau avec un tuyau. La technique fonctionne mais prend beaucoup de temps car le point haut et le point bas du tuyau n’ont pas assez de différence pour obtenir un débit concluant.

Bien que lente, cette opération ne monopolise qu’une seule personne que l’on remplace régulièrement et le reste de l’équipe peut poursuivre les coffrages bas, une équipe avec le charpentier sur le tour du patio et une équipe sur le mur extérieur. En fin de matinée le coffrage est fini.

Nous profitons de l’après midi pour peaufiner les coffrages, vérifier les niveaux grâce au tuyau utilisé le matin pour la vidange et mettre en pratique les petites expériences que nous avons menées en parallèle sur la constitution du pisé pour les murs de la bibliothèque.

En effet depuis quelques jours pendant la pause de l’après-midi, nous avons testé différentes compositions de pisé pour déterminer si la terre du site que nous avons creusée est de suffisamment bonne qualité ou bien si nous devons y ajouter des matériaux complémentaires afin d’obtenir une meilleure tenue des murs.

De manière empirique nous avons choisi plusieurs compositions et réalisé douze petites colonnes de 10x10x30 cm de pisé de différents mélanges.

Nous avons ainsi pu expérimenter :

• les proportions des composants que sont la terre du site (riche en argile), du ciment (impossible de le remplacer par de la chaux), du sable (gris)

• les temps de séchages différents, décoffrage instantané, attente d’une heure, attente d’un jour

• le démoulage avec un coffrage huilé ou non

• le taux d’eau ajoutée à la mise en forme, très faible, raisonnable ou abondant.

Nous prévoyons de mettre à l’épreuve ces différents essais la semaine prochaine dans un deuxième banc en pisé, coffré celui-ci avec des banches en bois.


20 mars 2017


: : Deuxième semaine de chantier : :

Le soleil monte vite, et les journées sont chaudes. Nous nous levons avec le soleil (et le coq), et nous couchons à l’heure des poules. Le chantier commence toujours à 7h GMT (Ghanian Man Time, c’est-à-dire tout-dépend-à-quelle-heure-Akosua, notre cuisinière, a-fini-de-préparer-le-petit-déjeuner). Nous travaillons ensuite jusqu’à 11h ou 12h, selon la chaleur. Puis reprenons à 16h, et sommes arrêtés par la nuit aux alentours de 18h30.

Nos principaux partenaires de la semaine étaient la pioche, la pelle et la brouette. Nous en avons profité pour apprendre quelques mots de Twi : matok (pioche), sofi (pelle), bakoo,mienumiense, matok ! (un, deux, trois, pioche!). Après cinq jours à ce rythme, et toujours aidés par la force musculaire locale (Samy & Edward), nous avons fini de creuser les fondations de la bibliothèque et le patio. Le trou est impressionnant, et la montagne de terre retirée aussi. Mais nous n’avons pas creusé seulement pour l’esthétique du projet, la quantité de terre extraite correspond à celle dont nous avons besoin pour monter les murs par la suite.

Après avoir retiré la première couche organique, que nous ne pouvons utiliser pour la construction, nous découvrons les différentes strates et accédons à la terre rouge et argileuse. Nous avons ainsi pu procéder à une série de petites expériences pour mieux connaître les qualités de cette terre. Nous avons touché, senti, trié, goûté, malaxé la terre, formé des petites boules, nous les avons coupées, analysées leur aspect, nous avons ajouté de l’eau à la terre, agité, laissé décanté, … Cette première approche ne donne aucune indication scientifique sur la composition de la terre, mais permet d’en faire une première analyse plus ou moins précise pour avoir une idée générale de la qualité de la terre. Nous avons ainsi pu déterminer qu’elle contenait entre 10 et 12 % d’argile, et qu’elle était donc plutôt adaptée pour la construction en pisé.

 Le pisé est une technique de construction de murs en terre crue, compacté dans un coffrage (également appelé banches) en couches successives à l’aide d’un pilon. Les banches des murs sont le plus couramment réalisées en bois. Mais il existe également au village des banches métalliques, ayant servi à construire les deux derniers bâtiments en pisé d’Abetenim. L’avantage pour nous d’utiliser ces banches métalliques est le gain de temps : n’ayant pas à les construire, nous économisons cinq jours de travail que nous pouvons consacrer à d’autres tâches. Cependant, l’esthétique du bâtiment est différente : alors que nous pouvons lire sur un bâtiment en pisé réalisé avec des banches en bois les lignes horizontales de la terre, les banches métalliques laissent plutôt un marquage par blocs rectangulaires correspondant à la taille de la banche. Nous sommes cependant curieux de cette technique et voulons réaliser des essais. Nous imaginons donc à côté de la bibliothèque deux bancs en pisé, l’un réalisé avec des banches métalliques, l’autre avec des banches en bois. Malgré la difficulté à manier les banches métalliques à cause de leur poids, le premier essais est plutôt concluant. Nous attendons notre livraison de bois prochainement pour la réalisation du deuxième essai.


Chaque jour ici est possible grâce à notre chère cuisinière Akosua qui veut nous rendre aussi fort qu’un Ghanéen. Régulièrement est préparé le fufu, plat traditionnel du pays, à base de manioc et bananes plantains équivalent à notre potion magique d’Astérix. Dans un récipient en bois et à l’aide d’un tronc faisant office de pilon, Akosua écrase ses ingrédients jusqu’à obtenir une pâte molle. De quoi faire jalouser n’importe quel boulanger. Le fufu est ensuite mangé cru avec une sauce au champignon, à l’arachide ou exceptionnellement à l’antilope. Ce repas est mangé le soir comme le matin ici, et rend surpuissant les habitants d’Abetenim.

De notre côté, nous avons un régime plus diversifié composé de pâtes ou de riz, accompagnés diverses sauces, de haricots blancs, de salades d’avocats et tomates ou d’un œuf.

Dommage. Nous ne deviendrons pas de véritables guerriers Twi mais resterons de simples gringalets.


Jeudi fut le dernier soir de nos deux volontaires Fabiola et Carolina, venues du Pérou pendant deux semaines. A cette occasion une soirée fut organisée « au spot » où danse et musique ghanéennes rythmèrent le dancefloor. Tous les jeunes et enfants du village étaient là pour l’événement. Ce n’est qu’à 22h30 que, exténués, nous décidons de rentrer. En conclusion de cette semaine nous laissons les derniers mots à Fabiola et Carolina que nous remercions pour leur participation à l’aventure eskaapi.

 


13 mars 2017


: : Première semaine de chantier : :

Mesdames & Messieurs, voici officiellement lancée la première Newsletter du chantier d’Eskaapi !

A notre arrivée au Village des Arts, nous sommes accueillies par Frank, notre coordinateur local. Ne pouvant nous déplacer librement avant d’avoir rencontré le chef, et ce dernier n’étant pas disponible nous restons deux jours sans pouvoir sortir de l’enceinte du Village des Arts.

Un petit cérémonial de présentations, échanges de nombreuses poignées de mains, sourires, présentation de notre projet plus tard, nous voilà acceptées au village, et sous la protection du chef d’Abetenim.

Le 6 mars étant un jour férié au Ghana, fête de l’indépendance, nous avons préféré profiter des festivités et reporté le démarrage du chantier au mardi. Les enfants de l’école ont défilé au pas, les mamans fières groopies ont applaudi, l’incontournable match de foot a commencé avec 2 heures de retards… Une belle journée au village.

Mary & the children

Notre semaine a été ponctuée par l’arrivée régulière des volontaires sur le site. Nous sommes maintenant 12 sur le chantier, venant du Pérou, d’Argentine, d’Italie, du Portugal et de France… Les repas se partagent en anglais, français et espagnol, parfois ponctué de quelques mots de Twi. Chacun apporte sa touche à la vie en communauté et à la construction.


 

Nous avons eu une drôle de surprise en découvrant le site de construction de la bibliothèque, l’endroit n’est pas du tout prêt pour démarrer le chantier. Une parcelle de forêt à l’entrée du village a été brûlée pour implanter la première partie de l’école secondaire. L’écologie et la protection de la végétation n’était visiblement pas au programme… Nous en discutons longuement avec Frank pour éviter de reproduire la même chose pour les prochaines constructions.

 

Nous commençons donc par déraciner les arbres et nombreux végétaux brûlés sur le terrain. Aidé par une trentaine de personnes de la communauté, le travail est finalement fait en quelques heures. Nous n’y aurons pas cru !

Le reste de la semaine est consacré au traçage du bâtiment et à creuser les fondations et le patio de la bibliothèque. Nous redoublons d’inventivité pour nous adapter aux outils locaux à la fiabilité aléatoire, et sommes aidés par Edward et Samy, qui a eux deux sont au moins aussi efficaces que nous tous réunis !